Orthodontie, les dérives ne sont pas toujours où on croit

En France, sur les quelques 600 000 enfants et adolescents soignés en orthodontie, 80 % d'entre eux le sont par des orthodontistes spécialistes qualifiés. Ceci implique que la grande majorité d'entre eux se voit appliquer le traitement d'orthodontie standard, c'est à dire tardif (après 12 ans) et mutilant (avec extractions de prémolaires et/ou de dents de sagesse). Les dérives liées à ces traitements d'orthodontie classiques sont largement exposées sur ce site et dans le livre Orthodontie, halte au massacre.
En revanche, ce qu'on sait moins c'est qu'en orthodontie, les dérives ne sont pas toujours où on croit. Les 20% d'enfants qui ne sont pas traités par des spécialistes qualifiés, le sont par des dentistes. Tout dentiste est habilité à proposer un traitement d'orthodontie car l'orthodontie n'est pas une exclusivité réservée au seul spécialiste. Beaucoup de ces dentistes ont suivi une formation sérieuse en orthodontie fonctionnelle et sont tout à fait à même de mener un traitement d'orthodontie. Cependant, le problème peut se poser avec certains.
Si l'orthodontiste qualifié à tendance à attendre trop pour proposer des traitements mutilants une fois la croissance terminée, certains dentistes proposent parfois des méthodes peu efficaces qui conduisent au même résultat que l'attentisme : gaspiller les précieuses années de croissance pour se retrouver à terme avec des problèmes non résolus et qui ne pourront plus l'être.
C'est par exemple le cas lorsqu'un dentiste propose un dispositif que l'enfant ne porte pas ou n'utilise pas comme il le devrait, par exemple un activateur fonctionnel qui exige pour être efficace de pratiquer des exercices que l'enfant ne fait pas ou que les parents ne supervisent pas. Ainsi les années passent, la croissance se poursuit et la malocclusion perdure. Si un tel appareil ne fait pas de mal, il ne fait pas de bien non plus et, la croissance terminée, il faudra se résoudre à extraire des dents saines ou à passer par la chirurgie.
Il s'agit là d'une perte de temps qui s'assimile à une forme de dérive. Tout appareil d'orthodontie doit être non seulement sans effets secondaires mais également efficace. Chez un enfant, les résultats doivent être d'autant plus probants que la croissance démultiplie les effets du traitement. Tout dispositif n'ayant provoqué aucune amélioration au bout de six mois doit être considéré comme inefficace ou inadapté à l'enfant et impose de changer de méthode.
Il est très important que les parents se montrent vigilants et exigeants sur ce point, faute d'avoir de très mauvaises surprises quelques années plus tard, au moment où il est hélas trop tard.

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04 Août 2009 à 12:36 dans
- Général

